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Historique

Transat Québec Saint-Malo de 1984 à 2016

Ce fut en 1984, à l’occasion du 450e anniversaire du premier voyage de Jacques Cartier, navigateur de Saint-Malo, dans le golfe du Saint-Laurent en 1534, qu’a eu lieu la première Transat Québec Saint-Malo.

Depuis, elle réunit tous les quatre ans les meilleurs coureurs océaniques professionnels de voiliers multicoques et monocoques pour une traversée épique de Québec à Saint-Malo.

Grande classique parmi les courses de voile hauturière, la Transat Québec Saint-Malo est la plus ancienne course transatlantique sans escale en équipage à être disputée d’ouest en est.

Parcours

C’est un itinéraire de 2 897 milles nautiques ou de 5 365 kilomètres que parcourent les bateaux et leurs skippers.

Au départ de Québec, au pied du cap Diamant, ils s’élancent d’abord sur le fleuve Saint-Laurent, un tronçon de 400 milles nautiques qui exige habileté et tactique, car le fleuve a ses particularités. Il est étroit, parsemé de quelques îles et de haut-fonds. Les skippers peuvent aussi s’apercevoir entre-eux, contrairement à la véritable course au large. Ruse et stratégie sont au rendez-vous.

La portion fluviale compte des bouées de passage. Ces bouées deviennent des courses dans la course, car des bourses sont offertes aux premiers bateaux qui les franchissent.

Vient ensuite le large, l’immensité océane. La mer s’étend et le challenge sportif commence. La traversée de l’Atlantique Nord en express jusqu’aux remparts de la ville corsaire de Saint-Malo.

1984, l’année de tous les commencements

Le début des années 1980 est synonyme d’une extraordinaire fièvre créatrice. Après les victoires d’Olympus Photo, la petite araignée jaune de 11,50 m de Mike Birch dans la Route du Rhum en 1978, puis celle de l’Américain Phil Weld dans l’Ostar en 1980 à bord du trimaran Moxie, la preuve est faite que l’avenir de la course au large se jouera sur plusieurs coques. La course se professionnalise avec l’argent des commanditaires et l’heure est à la course à l’armement de grands catamarans de plus de 20 mètres. Les bateaux sur la ligne de départ de la Transat TAG à Québec le 19 août 1984 représentent un magnifique instantané d’un sport mécanique en pleine évolution. C’est l’un des plus beaux plateaux de concurrents jamais réunis dans une course océanique et c’est aussi une bataille d’architectes et de techniciens en pleine période exploratoire. Sur les 36 multicoques inscrits, dix dépassent les 20 mètres de long, tous des catamarans à l’exception du trimaran William Saurin (25,90 m) d’Eugène Riguidel. Plusieurs de ces grands multicoques ont d’ailleurs été mis en chantier spécialement pour disputer la course. Les grands catas traversent l’Atlantique à toute vitesse, une seule dépression suffira à les mener à Saint-Malo où Caradec devance Pierre Follenfant d’à peine 16 minutes après seulement huit jours de course.

1988, l’année de Jet Services V et la fin des grands catas

La Transat Carlsberg se tient dans une atmosphère nettement moins euphorique que l’édition précédente. On n’y retrouve plus que treize multicoques et six monocoques. Devant des commanditaires refroidis par l’escalade des coûts, la Fédération internationale de la course océanique a décidé de limiter la longueur maximum des bateaux à 22,80 m. En 1990, le nouveau règlement la fixera à 18,28 m. L’ère des grands catamarans prend fin de manière abrupte.  La victoire est cependant ternie par ceux qui font valoir que les grands bateaux vont forcément plus vite. Avec la même équipe, Madec défendra sa réputation de fort belle manière en améliorant son propre record de la traversée de l’Atlantique en 6 j 13 h 03 m, un record qui ne sera battu qu’en 2001 par Steve Fossett. La Transat tourne au drame le 1er septembre lorsque Olivier Moussy passe par dessus bord à 150 milles à l’ouest des îles Scilly. Le skipper de 31 ans du trimaran Laiterie Mont Saint-Michel est emporté par une lame alors qu’il travaillait sur un flotteur. On ne retrouvera jamais celui qu’on avait surnommé le saint-bernard des mers pour avoir sauvé de la mort les navigateurs Pierre Follenfant en 1979 et Ian Johnston en 1982. Le même jour, Groupe Pierre 1er de Florence Arthaud chavire, l’équipage est récupéré par un hélicoptère.

De 1992 à 2004, l’âge d’or des trimarans de 60 pieds

 

Avec des règles de jauge qui fixent la longueur des multicoques à 18,28 m (60’) pendant plus de quinze ans, la course au large connaît une période de stabilité qui va favoriser son développement. En 1997, la mise sur pied de l’ORMA (Ocean Racing Multihull Association) met en place un calendrier qui fait alterner grands prix en rade et courses transatlantiques. De 1990 jusqu’au tournant des années 2006 et 2007, l’ORMA devient un laboratoire de la course au large, un milieu en perpétuelle ébullition technologique. Quinze années de recherche et de réflexion technique sur ces plateformes de 60 pieds en feront les machines de course les plus abouties de toute l’histoire de la course au large.

1992

La 3e édition de la Transat Québec Saint-Malo en 1992 marque l’arrivée d’une jeune génération particulièrement talentueuse. Sur Primagaz, un plan Van Pétéghem-Lauriot Prévost, un jeune phénomène suisse répondant au nom de Laurent Bourgnon est en train de se construire toute une réputation. Les bateaux spectateurs au mouillage à Lévis se rappelleront longtemps de ce trimaran blanc qui n’hésite pas à venir empanner au milieu de la flottille éberluée. Le ton était donné. Pour lui offrir la réplique, un autre plan VPLP à la coque rutilante et savamment décorée, Groupe Pierre 1er de Florence Arthaud. En 1990, la navigatrice de 33 ans a été la première femme à remporter une grande régate océanique. Sa victoire dans la Route du Rhum en fait une vedette. Le jeune Suisse qui gagnera le Rhum à son tour en 1994 et 1998 la devance de moins de 2 heures à Saint-Malo.

1996

La 4e édition de 1996 entre dans l’histoire lorsque Loïck Peyron sur Fujicolor II retranche une heure au temps de Serge Madec et décroche le record du parcours, un record qui n’a jamais été battu par la suite. Peyron qui vient de remporter la Transat anglaise fait face à deux bateaux amochés par des chavirages dans la même course quelques semaines plus tôt.

2000

La 5e édition en 2000 couronne un jeune Franck Cammas âgé de 27 ans qui va devenir le roi de l’ORMA pendant plusieurs années à bord de Groupama. Pour augmenter leur stabilité, les nouveaux trimarans sont maintenant aussi larges que longs, à quelques centimètres près. Marc Guillemot, un ex-équipier de Mike Birch a succédé à son ancien patron à bord d’un Biscuits La Trinitaine tout neuf. Ce dernier s’aligne néanmoins au départ à bord d’un trimaran de 50 pieds, propriété du patron de Fujifilm France. Guillemot prend rapidement la tête de la course en se décalant au sud pour aller chercher du vent à sa sortie du golfe. Il compte 280 milles d’avance lorsqu’un anticyclone au large de l’Irlande lui bloque la route et redistribue toutes les cartes. Derrière lui, la flotte est déchaînée. Yvan Bourgnon sur Bayer en France (ex-Primagaz initialement mis à l’eau en 1990) signe une journée époustouflante de 624 milles à 26 nœuds de moyenne. Aucun multicoque de ORMA n’est jamais encore allé aussi vite. Les six trimarans de 60 pieds se retrouvent au coude à coude au Fastnet et tous franchissent la ligne à Saint-Malo dans un intervalle de 1h 30. Il s’agit du résultat le plus serré de toute l’histoire de la course.

2004

Avec douze multicoques ORMA réunis dans le bassin Louise, la 6e édition en 2004 restera gravée dans toutes les mémoires. Un plateau de rêve qui réunit les ténors de la course au large. Difficile de prévoir à l’époque que la classe allait s’effondrer trois ans plus tard. Les multicoques de cette ultime génération montrent des cockpit beaucoup plus vastes – et équipés de moulins à café – bien mieux adaptés à la navigation en équipage.

2008, l’arrivée des Class40 : changement de génération

La mise au rencart des machines du circuit de l’ORMA qui coûtent trop cher aux commanditaires bouleverse complètement le visage de la course au large. Les écuries les mieux dotées se lancent à la conquête du trophée Jules Vernes pendant que l’ORMA imagine une nouvelle série de trimarans monotypes de 70 pieds, la Multi One Design. Les multicoques de 50 pieds qui vivaient dans l’ombre de leurs grands frères y voient une opportunité pour prendre leur envol et la Transat Québec Saint-Malo leur offre une belle tribune. Ils sont donc six équipages au départ, mais le Crêpe Wahoo! de Franck-Yves Escoffier et Yves le Blévec, seul bateau récent de la flotte, survole la course sans véritable opposition.

 

Mais la véritable vedette à Québec pour la 7e édition, c’est la toute nouvelle Class40 qui connaît un développement extrêmement rapide et suscite un engouement extraordinaire. Cette nouvelle catégorie de monocoques accueille amateurs et professionnels et les règles de jauge permettent de limiter la course à l’armement pour prévenir l’escalade des coûts. Ils sont 18 au départ pour leur première présence à Québec. C’est le vétéran Halvard Mabire qui enlève le débat à bord d’un Pogo 40 de dernière génération. Pogo Structure se paye au passage une journée record de 346 milles en 24 h à 14 nœuds de moyenne. Immense déception pour Éric Tabardel et Damien de Pas qui démâtent au mois de juin lors de leur première semaine de navigation. Bleu leur joli Class40 construit à Montréal rate son premier rendez-vous. Quant à lui, Georges Leblanc prend le départ avec un MacGregor 65 optimisé, mais Port de Québec accuse une voie d’eau au large de Terre-Neuve et doit rebrousser chemin. Les deux skippers québécois seront d’ailleurs de retour à la ligne de départ le 22 juillet en compagnie de 22 autres équipages venus du Québec et de l’Europe.

2012

L’édition 2012 restera marquée par l’incroyable doublé d’Halvard Mabire sur Campagne de France et le niveau très élevé dans cette Class40 qui a largement contribué au succès de cette 8e édition de la Transat Québec Saint-Malo. Avec 25 engagés dont 20 Class40, le niveau était nul doute au rendez-vous !

 

De Québec à Saint-Malo en passant par La Malbaie, Rimouski, Matane, Sainte-Anne-des-Monts, Gaspé et Percé et, bien entendu, Saint-Pierre et Miquelon, le circuit 6 villes, 6 bouées aura permis aux marins de partager leur course avec le grand public pour la première partie de leur périple. Une expérience qu’ils ont d’ailleurs grandement appréciée !

 

En classe Open, le FenêtréA Cardinal 3 du Français Erwan Leroux signe un parcours époustouflant en seulement 9 jours et 14 heures, lui remettant ainsi les honneurs de franchir la ligne d’arrivée en tout premier. Les gagnants de cette édition 2012 en Class40, Halvard Mabire et Miranda Merron sur Campagne de France auront de leur côté parcouru 3024 milles nautiques en 11 jours et 17h, tandis que son plus proche poursuivant, Jörg Riechers sur Mare, a franchi la ligne d’arrivée moins de 1h30 après. Une trajectoire quasi parfaite, tout du moins idéale pour s’imposer à Saint-Malo !

Source : Michel Sacco – L’Escale Nautique

Photos: Pierre Terrien
Photo 2012: Pierre Bourras

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